Physical Address
304 North Cardinal St.
Dorchester Center, MA 02124
Physical Address
304 North Cardinal St.
Dorchester Center, MA 02124

Il y a des albums qui ne se contentent pas d’être écoutés : ils s’expérimentent, se collectionnent, et parfois, se révèlent sous des formes si rares qu’ils deviennent des objets de culte. The Dark Side of the Moon de Pink Floyd en est l’archétype. Sorti en 1973, ce n’est pas seulement un disque, c’est une légende gravée dans le sillon d’un 33 tours. Mais saviez-vous que derrière la pochette iconique se cachent des pressages ultra-rares, des mixes inédits et des erreurs devenues des trésors pour les collectionneurs ? Posons le diamant sur l’un des albums les plus fascinants de l’histoire du rock, et explorons ses mystères.
Commençons par le commencement : Abbey Road Studios, Londres, juin 1972. C’est ici, dans les mythiques Studios Two et Three, que Pink Floyd, accompagné de l’ingénieur du son Alan Parsons, donne naissance à ce chef-d’œuvre. Le line-up ? David Gilmour à la guitare et au chant, Roger Waters à la basse et aux concepts, Richard Wright aux claviers, Nick Mason à la batterie, et les voix envoûtantes de Clare Torry sur The Great Gig in the Sky. Mais ce qui rend cet enregistrement unique, c’est l’utilisation de technologies avant-gardistes pour l’époque : des magnétophones 16 pistes, des synthétiseurs EMS VCS3, et surtout, une obsession pour le détail qui frise la perfection.
Le pressage original, sorti sous le label Harvest Records au Royaume-Uni, est un objet d’une beauté presque sacrée. La pochette, conçue par Storm Thorgerson et Aubrey Powell d’Hipgnosis, est un chef-d’œuvre de minimalisme : un prisme réfractant la lumière sur un fond noir, symbole de la complexité humaine et de la lumière qui perce les ténèbres. Mais ce que peu savent, c’est que le premier pressage britannique pèse 140 grammes, avec une pochette mate, légèrement texturée, qui résiste au temps comme une relique. Les premiers exemplaires arboraient même une étiquette bleue avec le logo Harvest en jaune, une rareté aujourd’hui recherchée par les collectionneurs.
Et puis, il y a les erreurs. Ces accidents de pressage qui, avec le temps, deviennent des pièces de musée. L’un des plus célèbres est le « pressage rouge », une erreur de fabrication où le vinyle lui-même présente une teinte rougeâtre due à une contamination du PVC. Moins de 100 exemplaires auraient survécu, faisant de ce disque une véritable pépite. Autre légende : les mixes alternatifs. En 2011, une version inédite de The Dark Side of the Moon, remixée par James Guthrie, a été découverte. Ce mix, réalisé pour une édition surround, offre une spatialisation sonore radicalement différente, avec des instruments repositionnés et des effets redessinés. Une expérience presque mystique pour qui a l’habitude de l’original.
Mais parlons aussi des versions alternatives. En 1979, une édition spéciale japonaise est sortie avec une pochette légèrement différente, incluant un livret en japonais et un son remasterisé pour le marché local. Les collectionneurs s’arrachent aujourd’hui ces pressages, non seulement pour leur rareté, mais aussi pour leur sonorité unique : plus chaude, presque organique, comme si le vinyle lui-même avait absorbé l’âme des studios Abbey Road.
Et que dire des bootlegs ? Des enregistrements pirates de sessions studio, des mixes jamais officiellement publiés, circulent depuis des décennies. L’un des plus célèbres est le « Dark Side of the Moon: The Early Mixes », qui propose une version brute de l’album, sans les effets finaux et les ajustements de Parsons. Écouter ces versions, c’est comme entrer dans le saint des saints, là où la magie opérait avant que le monde ne la découvre.
Pour les amateurs de vinyle, posséder The Dark Side of the Moon, c’est bien plus qu’une simple écoute : c’est une expérience sensorielle. Le poids du disque qui glisse entre les doigts, la texture de la pochette mate qui accroche la lumière, le grain du sillon qui craque légèrement avant que les premières notes de Speak to Me ne s’élèvent. Et puis, il y a ce moment sacré : poser le diamant sur le vinyle, sentir la vibration du plateau qui tourne, et laisser le son envahir la pièce. En 180 grammes, le pressage moderne offre une dynamique impressionnante, mais rien ne vaut l’original, là où la basse de Waters résonne comme un cœur battant et où les chœurs de Gilmour semblent venir d’un autre monde.
Alors, si vous possédez une édition originale, chérissez-la. Si vous cherchez à compléter votre collection, traquez ces pressages rares, ces mixes oubliés, ces erreurs devenues légendes. Car The Dark Side of the Moon, ce n’est pas qu’un album : c’est une quête sans fin, un voyage à travers le temps et le son, où chaque détail compte. Et comme le disait si bien Alan Parsons : « Ce n’est pas seulement de la musique, c’est une expérience. »