Back To Black en vinyle : pourquoi sa cote ne redescend pas
Il y a des disques qu’on achète pour écouter, et d’autres qu’on finit par acheter deux fois — une pour la platine, une pour la vitrine. Back To Black d’Amy Winehouse est clairement des deux catégories. Sorti en 2006, cet album a changé la trajectoire de la soul britannique d’une façon qu’on mesure encore aujourd’hui. Et sur vinyle, il continue d’agiter sérieusement le marché secondaire.
Le pressage original de 2006 : ce qu’il faut savoir
L’édition originale sort en octobre 2006 sur Island Records au Royaume-Uni (catalogue 1706939), pressée en Europe — très probablement en Allemagne, comme c’était la norme pour les pressages Island de l’époque. C’est un double vinyle 33 tours, noir, sans artifice.
Ce qui distingue immédiatement ce pressage, c’est la qualité sonore brute : la voix d’Amy Winehouse sonne avec une présence et une chaleur que les rééditions ultérieures n’ont pas toujours su reproduire fidèlement. Le mastering original, signé Bob Ludwig chez Gateway Mastering, est généreux en dynamique — un luxe que la guerre du volume a souvent sacrifié sur les éditions suivantes.
La matrice gravée dans le runout porte typiquement les mentions 1706939 A et 1706939 B (faces 1 et 2) avec les suffixes de la salle de mastering. Les exemplaires les plus précoces présentent un étiquette Island sobre, fond blanc et logo rouge caractéristique des années 2000.
Ce que le marché dit en ce moment
Avec 33 641 exemplaires recensés sur Discogs et 8 211 personnes qui le cherchent activement, le ratio want/have reste tendu pour un album de cette diffusion. Ce n’est pas un pressage confidentiel — mais la demande, elle, ne faiblit pas.
En pratique, voici les fourchettes observées selon l’état :
- VG+ (Very Good Plus) : entre 25 et 45 € pour un exemplaire sans pochette abîmée
- NM (Near Mint) : entre 50 et 90 €, parfois plus pour un exemplaire scellé ou avec insert
- Scellé / Sealed : les rares copies encore sous film peuvent dépasser 120 €, selon le vendeur et la provenance
La tendance est stable-haussière depuis 2021. Le décès d’Amy Winehouse en 2011 avait déjà provoqué un premier pic. Depuis, chaque anniversaire, chaque documentaire ou rétrospective relance la demande. Ce disque ne va pas se déprécier.
Comment reconnaître le bon pressage : trois points de contrôle
1. Le runout gravé à la main. Sur les premiers pressages, les matrices sont gravées manuellement — pas estampillées. Cherchez une écriture irrégulière dans le sillon mort. C’est le signe d’un pressage de première génération.
2. L’étiquette Island. Le label original arbore le logo Island Records en rouge sur fond blanc, avec la mention « Made in Germany » ou « Made in the EU ». Les rééditions récentes ont souvent un design légèrement différent, plus épuré ou avec un code-barres plus visible.
3. La pochette intérieure. Le pressage original inclut une double pochette avec photos intérieures. Vérifiez l’absence de reflets plastifiés excessifs sur la couverture — les rééditions économiques ont parfois un rendu plus brillant, moins mat.
Les rééditions qui méritent qu’on s’y attarde
Si le budget ou la disponibilité ne permettent pas de viser l’original, deux éditions valent le détour.
La réédition 2011 (posthume, même catalogue Island) reste très proche soniquement de l’original et se trouve facilement entre 15 et 25 € en bon état. Elle a bénéficié d’un soin certain, le label ayant conscience de l’enjeu symbolique.
La édition 180g Universal Music des années 2010 offre un pressage plus lourd, souvent bien centré, idéale pour une écoute quotidienne sans craindre d’user un original coté. Elle tourne autour de 20 à 30 € sur le marché secondaire.
Quel profil pour quel achat ?
Si vous êtes collectionneur, visez le pressage Island UK 2006 en NM — c’est la référence, et sa valeur est documentée. Si vous êtes audiophile avant tout, l’original reste le choix, mais une réédition 180g bien pressée peut suffire. Si vous êtes simplement amoureux de l’album et que vous voulez l’entendre comme il mérite d’être entendu, n’hésitez pas : même une copie VG+ bien entretenue vous donnera une émotion que le streaming ne pourra jamais reproduire.
Pour comparer les annonces disponibles et trouver l’exemplaire qui correspond à votre budget, jetez un œil au listing Back To Black sur CD & LP — les prix y sont souvent plus accessibles que sur les plateformes anglo-saxonnes, et les vendeurs francophones sont généralement très précis sur l’état des disques.



