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Justin Bieber en vinyle — par où commencer sa collection

Sophie Armand
la rédaction

Il y a quelques années, je me souviens d’avoir tenu entre les mains un pressage original de My World dans un bac de disquaire londonien. La pochette était minuscule — un EP de quatre titres — et le vendeur m’a regardée avec un sourire en coin quand je l’ai posé sur le comptoir. Mais j’ai quand même payé. Parce que ce petit disque, sorti en 2009 alors que son interprète avait quinze ans, raconte quelque chose que le streaming ne rend pas : la stupeur d’une industrie qui ne savait pas encore quoi faire d’un gamin repéré sur YouTube par Scooter Braun. Justin Bieber n’est pas un artiste qu’on écoute facilement en vinyle — ses disques sont rares, ses pressages inégaux — mais c’est précisément pour ça que la chasse vaut le coup.

Purpose : la porte d’entrée la plus honnête dans l’œuvre de Justin Bieber

Si vous ne deviez choisir qu’un seul disque pour comprendre ce que Bieber a construit en quinze ans de carrière, ce serait Purpose, sorti en 2015. Non pas parce que c’est son album le plus vendu — il l’est — mais parce qu’il marque une bascule nette dans son rapport à la musique.

Avant Purpose, Bieber était une machine à tubes pilotée par une équipe de producteurs. Après, il devient quelqu’un qui choisit. Skrillex et Diplo signent Where Are Ü Now, un titre qui sonne comme rien d’autre à l’époque, et l’album entier porte cette tension entre pop grand public et production électronique plus exigeante.

Le pressage vinyle de Purpose existe en plusieurs configurations : l’édition standard double LP et quelques variantes colorées sorties en édition limitée. La version noire reste la plus accessible, autour de 25 à 35 euros en occasion selon l’état. C’est par là que je conseille de commencer.

Changes de Justin Bieber : le disque que personne n’a vraiment écouté

Sorti en février 2020, Changes est arrivé au mauvais moment — quelques semaines avant que le monde se ferme — et il est reparti presque aussi vite qu’il était venu. La presse l’a expédié, les fans attendaient autre chose, et l’album s’est retrouvé dans une espèce de limbe critique.

C’est dommage, parce que Changes est probablement son disque le plus personnel. Bieber venait d’épouser Hailey Baldwin, de traverser une dépression publiquement documentée, et ça s’entend. La production R&B de l’album — très influencée par Frank Ocean et Daniel Caesar — est plus douce, plus intime que tout ce qu’il avait fait avant.

Sur platine, cette douceur prend une autre dimension. Les arrangements de cordes sur Habitual ou les basses rondes de Available gagnent en présence. Le pressage vinyle de Changes se trouve facilement entre 20 et 30 euros, et c’est l’un des rares albums de Bieber où la qualité audio du pressage est vraiment soignée.

Ce que le streaming fait perdre à Justin Bieber

Il y a quelque chose d’un peu paradoxal à parler de Bieber en vinyle. Son ascension est née de YouTube, ses singles sont faits pour les playlists algorithmiques, et une bonne partie de sa discographie semble conçue pour des oreilles avec des écouteurs Bluetooth.

Et pourtant. Quand on pose Purpose sur une platine et qu’on écoute Love Yourself — juste une guitare acoustique, une voix, et très peu d’autre chose — on réalise que la production de Mark Foster était beaucoup plus fine qu’elle n’en avait l’air. Le streaming compresse, égalise, lisse. Le vinyle restitue les silences, les respirations, les petits craquements de la voix de Bieber sur les passages les plus exposés.

C’est là que l’exercice devient intéressant : Bieber est un chanteur techniquement solide, avec un falsetto reconnaissable entre mille, et cette qualité vocale ressort mieux sur un support analogique que sur une piste streamée à 128 kbps.

Les pressages de Justin Bieber qui valent vraiment le coup en 2025

La discographie vinyle de Bieber est moins fournie qu’on pourrait le croire. Ses premiers EPs — My World et My World 2.0 — ont eu des pressages vinyle limités à l’époque, et on les trouve aujourd’hui entre 40 et 80 euros selon l’état et la provenance. Les pressages américains originaux de My World 2.0 sont les plus recherchés des collectionneurs, surtout en couverture laminée.

Believe (2012), son album de transition vers un son plus adulte, a également eu un pressage vinyle original qui se négocie entre 30 et 50 euros. C’est un disque qui a vieilli de façon surprenante — les productions de Rodney Jerkins et Darkchild sonnent très 2012, mais c’est précisément ce qui en fait un document d’époque intéressant.

Pour les rééditions récentes, Justice (2021) est sorti en vinyle avec plusieurs variantes colorées, dont une édition picture disc. Ces pressages neufs se trouvent entre 25 et 40 euros et sont généralement bien pressés. Ce n’est pas le disque le plus cohérent de sa carrière — il ressemble un peu à une compilation de singles — mais certains titres comme Peaches ou Ghost ont une vraie présence sur platine.

Si vous voulez explorer tout ça sans passer des heures à fouiller les bacs, le catalogue Justin Bieber sur CDandLP regroupe les pressages disponibles à la vente, avec les états et les prix — c’est un bon point de départ pour comparer avant d’acheter.

Ce que Justin Bieber a laissé dans la pop d’aujourd’hui

On sous-estime souvent l’influence de Bieber sur une génération d’artistes. The Weeknd, Shawn Mendes, ou plus récemment des artistes comme Omar Apollo lui doivent quelque chose — pas forcément dans le son, mais dans la façon d’assumer une pop émotionnelle sans en avoir honte.

Bieber a normalisé le fait qu’un artiste masculin puisse chanter ses vulnérabilités dans des formats grand public. Avant lui, ce registre était souvent réservé à des artistes de niche ou à des genres plus confidentiels. Après Purpose et Changes, la pop masculine mainstream a changé de posture.

C’est peut-être ça, finalement, le meilleur argument pour aller chercher ses disques en vinyle : pas la nostalgie, pas la rareté, mais l’envie d’écouter autrement quelque chose qu’on avait rangé trop vite dans la case « musique de supermarché ». Prenez le temps d’un face A. Vous pourriez être surpris.

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