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La Main de Dieu venue de Ripley : comment Eric Clapton a ren

lemarchand.n
la rédaction

Je me souviens du jour où mon prof de musique m’a dit que Clapton était un « génie de la guitare ». J’avais 16 ans, j’écoutais du grunge, et je l’ai pris pour un vieux con. Il avait raison, bien sûr. Mais pas pour les raisons qu’il croyait. Ce qu’Eric Clapton a fait, ce n’est pas inventer une technique révolutionnaire — c’est quelque chose de plus rare : il a pris le blues noir américain, cette musique sacrée, et il l’a jouée avec assez de sincérité pour que des millions de Blancs britanniques et américains comprennent enfin ce que c’était. Pas comme des touristes. Comme des disciples.

En 2011, le Rolling Stone l’a classé 2e meilleur guitariste de tous les temps, juste derrière Hendrix. C’est peu dire. Aujourd’hui encore, ses pressages Eric Clapton vinyle se vendent comme des petits pains, et pas seulement aux collectionneurs nostalgiques. Les jeunes mélomanes cherchent les originales. Ils ont raison.

De Ripley à la légende : l’ascension en trois actes

Eric Clapton, né le 30 mars 1945 à Ripley, près de Londres, a grandi dans un contexte de classe ouvrière anglaise post-guerre. Ses grands-parents l’ont élevé — ses parents biologiques, absents. Ça forge un homme. À 11 ans, après avoir entendu Freddy King à la radio, il sait qu’il fera de la guitare. Pas le rock’n’roll lisse des charts. Le blues. Le vrai.

À 17 ans, il entre à l’art college et achète sa première guitare. Les années 60 arrivent, et Clapton découvre B.B. King et Robert Johnson — le canon complet du Delta Blues. Il absorbe tout. Il joue d’abord dans des bands de R&B anglais, puis rejoint les Yardbirds en 1963 comme simple musicien de studio. C’est là qu’il comprend quelque chose que les Beatles n’avaient pas tout à fait saisi : le blues n’a pas besoin d’être édulcoré pour être universel. Il suffit de le jouer sans mentir.

Cream (1966-1968) change tout. Trois gars, une chimie, et Clapton à la guitare. « Sunshine of Your Love », « Layla », des riffs qui sonnent comme une prière. Il ne fait pas du rock qui emprunte au blues. Il fait du blues électrifié. La différence est abyssale. Puis viennent les Blind Faith, Derek and the Dominos, et enfin la carrière solo qui s’étire depuis 50 ans. Pas spectaculaire. Pérenne.

L’héritage : pourquoi Clapton reste un maître

Beaucoup de gens trouvent Clapton « lisse », « commercial », surtout après ses ballades des années 90. C’est la critique des imbéciles qui confondent accessibilité et compromission. Oui, il a vendu des millions. Oui, « Layla » passe à la radio. Mais écoutez son jeu de guitare : chaque note compte. Pas d’effets pour masquer le vide. Un son épuré, presque ascétique, qui rappelle que le blues, c’est d’abord l’économie.

Son apport ? Il a légitimé le blues électrique auprès d’un public blanc en Occident. Les Stones l’avaient commencé, mais Clapton, lui, était pur. Pas de rock’n’roll superficiel. Juste un gars avec une guitare Fender, du respect pour la tradition, et la capacité à la transformer sans la renier. C’est pourquoi les guitaristes encore aujourd’hui — même les jeunes du metal progressif — le citent comme une influence. Il a montré qu’on pouvait être technique, accessible, et honnête à la fois.

Par où écouter : les disques qui valent vraiment le coup

Cream — Disraeli Gears (1967)

Si tu dois commencer quelque part, c’est là. Trois musiciens en fusion totale. Clapton à 22 ans, au sommet de sa puissance créatrice. « Sunshine of Your Love » est devenu un classique, mais c’est le reste du disque qui te tue : des arrangements psychédéliques, des ruptures de tempo imprévisibles, et une guitare qui parle comme une voix humaine.

Pressing original : Atco Records (1967), environ 80-120 € en bon état. Les rééditions modernes Rhino ou Analogue Productions tournent autour de 35-45 € en neuf.

→ Voir chez la Fnac | → Chercher en occasion

Derek and the Dominos — Layla and Other Assorted Love Songs (1970)

L’album où Clapton se penche sur Pattie Boyd — la femme de George Harrison — et en sort une douleur brute, cristallisée en musique. « Layla » est le riff qui a traversé les âges. Mais c’est l’ensemble qui vaut le coup : du blues pur, du rock lancinant, avec Duane Allman en guest (ses deux guitares avec Clapton = alchimie).

Pressing original Atco : 40-70 € en vinyle, facile à trouver. Les rééditions 180g modernes sont autour de 30 €.

→ Fnac | → CDandLP

Eric Clapton — 461 Ocean Boulevard (1974)

Son premier vrai solo après la débandade de Derek. C’est ici qu’il trouve sa voix : plus introspective, moins flashy que Cream, mais tout aussi honnête. « I Shot the Sheriff », le reprise de reggae qui a choqué les rockeurs purs. Et « Let It Grow », une prière sur la guitare acoustique qui montre pourquoi on le respecte.

Vinyle original RSO Records : 25-50 € en bon état. Très courant en occasion.

→ Fnac | → CDandLP

Les vraies raretés pour les obsédés

Si tu as déjà les trois classiques ci-dessus et que tu veux enfoncer le clou : cherche l’édition japonaise de Cream — Wheels of Fire (1968) sur le label Polydor. Les pressages nippons de cette époque sont référence absolue. Complique à trouver, autour de 150-200 €, mais la dynamique du son est simplement autre chose.

Aussi : les premiers pressings Atlantic de Slowhand (1977) et Wonderful Tonight — les versions US avec le tapis épais original. Sur Discogs, check bien le presseur (Atlantic, pas Warner réédition). La qualité sonore se voit d’oreille.

Ta feuille de route pour découvrir

Tu débutes ? Commence par Disraeli Gears. Quarante minutes de perfection. Si ça te plaît, saute direct à Layla and Other Assorted Love Songs. Tu auras compris Clapton.

Tu as déjà une collection rock conséquente ? Va chercher les originales Atco/RSO des années 70 en excellent état. Les pressages d’époque sonnent mieux que les rééditions modernes. Oui, c’est plus cher. Oui, ça en vaut la peine.

Eric Clapton, c’est pas du rock de décoration. C’est du blues joué par quelqu’un qui l’a vraiment compris. Sur vinyle, cette nuance est irremplaçable.


Où trouver Eric Clapton en vinyle

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