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Simon & Garfunkel en 72 : l’album qui a fait taire les criti

lemarchand.n
la rédaction

Je me souviens très précisément du jour où j’ai trouvé un exemplaire original britannique de Simon And Garfunkel’s Greatest Hits dans une brocante de Montreuil. C’était en 2004, et le vendeur n’avait pas idée de ce qu’il tenait entre ses mains. Sorti en 1972 sur Columbia, cet album représente bien plus qu’une simple compilation : c’est l’instant suspendu où deux voix qui venaient de se déchirer trouvent une dernière grâce commune. Aujourd’hui, chercher un vinyle Simon & Garfunkel – Simon And Garfunkel’s Greatest Hits c’est naviguer entre les rééditions aseptisées et les originaux qui racontent une histoire bien différente.

L’album qui a sauvé une carrière en péril

Simon & Garfunkel n’était déjà plus en 1972. Leur dernière tournée était terminée. Paul Simon explorait des territoires musicaux que Art Garfunkel ne suivait plus. Mais Columbia avait une idée : proposer aux fans un condensé des moments essentiels. Greatest Hits n’est donc pas seulement une compilation opportuniste — c’est une tentative de suturer une plaie qui ne guérissait pas.

Ce qui frappe en écoutant le disque, c’est la cohérence du voyage : de « Mrs. Robinson » à « Bridge Over Troubled Water », on mesure exactement ce que ce duo avait construit entre 1964 et 1970. Les harmonies de Garfunkel, souvent critiquées comme trop lisses, révèlent une fragilité qu’on avait oubliée. Paul Simon, lui, se contentait de laisser respirer les arrangements, comme s’il savait qu’aucune guitare supplémentaire ne pourrait corriger ce qui s’était brisé en coulisses.

Pour les collectionneurs, l’enjeu n’est pas tant d’avoir un Greatest Hits que d’avoir le bon : celui qui sonne comme le studio, pas comme une numérisation poussiéreuse.

Les pressages et leurs univers de prix

Pressage Pays Année État Prix estimé
Original CBS Royaume-Uni 1972 NM 120–200€
Original Columbia France 1972 NM 80–140€
Original UK pressing Royaume-Uni 1972 VG+ 60–100€
Réédition 180g Allemagne / UE 2005–2020 NM 18–35€
Pressage allemand Allemagne 1973–1975 VG 35–70€

Repérer l’original du faux

L’original UK de 1972 porte le label CBS bien spécifique : noir avec le logo argent, et surtout, le matrix gravé en vinyle mentionne « JK5 » ou « JK6 » selon la version. Les pressages français Columbia sont facilement reconnaissables au label bleu et orange typique des années 70, avec le texte français sur la pochette intérieure.

Sur la pochette, cherchez les crédits : les originales ont une impression mat, jamais brillante. Le dos doit montrer les plages d’usure légères mais pas de rayures profondes. Les rééditions modernes, même de bonne qualité, ont une finition trop lisse, trop parfaite pour un disque sortant de studio il y a plus de cinquante ans.

Attention au pressage américain RCA Victor : bon marché mais notoirement plus plat soniquement. Les collectionneurs sérieux l’évitent.

Où dénicher votre copie

Pour l’occasion : CDandLP propose régulièrement des exemplaires sourcés correctement. C’est ici qu’on trouve le meilleur rapport entre prix et authenticité. Discogs reste incontournable si vous cherchez un pressage très précis (attention aux prix artificiellement gonflés).

Pour du neuf : La Fnac propose les rééditions modernes — idéales si vous découvrez l’album pour la première fois.

Vaut-il vraiment le coup ?

Un original UK en excellent état ? Oui, sans hésiter. Vous achetez l’histoire d’une séparation écrite en sillons de vinyle. À 150–180€, c’est l’investissement d’un fan sérieux.

Un pressage français des années 70 en bon état ? À 80–100€, c’est une affaire. Le son est vivant, le disque respire.

Une réédition moderne ? À moins de 30€, c’est honnête pour découvrir l’album sans dépenser une fortune. Mais vous passerez à côté de la texture sonore originale.

Ma recommandation : si Simon & Garfunkel vous parle vraiment, attendez et cherchez un original UK. C’est le seul pressage qui restitue l’atmosphère studio — cette tension latente entre deux voix qui ne se regardaient plus.

· fin ·

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