Herbie Hancock — Head Hunters : que vaut le pressage original ?
Sorti en novembre 1973, Head Hunters marque un tournant brutal dans la carrière d’Herbie Hancock. Le pianiste tourne le dos au jazz acoustique pour plonger dans un funk synthétique, dense, hypnotique. Le résultat devient l’album de jazz le plus vendu de l’époque — et reste aujourd’hui l’un des disques les plus recherchés sur le marché secondaire.
Avec 14 149 collectionneurs qui le désirent sur Discogs contre 17 119 qui le possèdent, le ratio want/have reste serré. La demande ne faiblit pas.
Le pressage original
L’original américain paraît chez Columbia Records en 1973, sous la référence KC 32731. Il s’agit d’un pressage CBS Terre Haute, pressé sur vinyle 180 g environ, avec les étiquettes orange caractéristiques de Columbia à cette période.
La matrice à surveiller dans le runout : KC 32731 1A / KC 32731 2A. Les premières copies portent la mention gravée à la main, signe d’un pressage de première génération. Certains exemplaires affichent également le logo « 360 Sound » sur l’étiquette — un détail qui fait grimper la cote.
La pochette originale se distingue par ses couleurs chaudes et saturées, avec un rendu imprimé légèrement granuleux. Les rééditions ultérieures ont souvent des teintes plus froides, moins contrastées.
La cote aujourd’hui
Sur le marché secondaire, les prix varient sensiblement selon l’état de conservation :
- VG (Very Good) : entre 20 et 40 €. Correct pour une écoute, insuffisant pour un collectionneur sérieux.
- VG+ (Very Good Plus) : entre 50 et 90 €. La fourchette la plus courante pour un original propre.
- NM (Near Mint) : de 100 à 180 €, parfois davantage pour un exemplaire avec le « 360 Sound » et la matrice 1A/1A.
La tendance est à la hausse progressive depuis 2018, portée par la redécouverte du disque via le sampling hip-hop — « Watermelon Man » et « Chameleon » ont été sampleés des dizaines de fois. Les jeunes collectionneurs arrivent sur ce titre avec une vraie connaissance de sa valeur culturelle.
Pour suivre les ventes récentes et comparer les offres disponibles, le listing Head Hunters sur CDandLP donne une bonne photographie du marché en temps réel.
Comment reconnaître un vrai original
1. Le runout gravé à la main. Sur un premier pressage, la matrice est inscrite manuellement dans le vinyle, pas estampillée à la machine. Passez le doigt : vous devez sentir les lettres en relief irrégulier.
2. L’étiquette orange Columbia avec « 360 Sound ». Ce logo, présent sur les pressages Columbia du début des années 1970, disparaît progressivement après 1974. Son absence ne disqualifie pas forcément l’original, mais sa présence est un bon signal.
3. La pochette : dos et grammage. L’original a une couverture cartonnée légèrement plus épaisse que les rééditions. Le texte au dos est imprimé en petits caractères serrés, avec le code catalogue KC 32731 bien visible en bas à gauche.
Rééditions valables
Si le budget ne suit pas, deux rééditions méritent l’attention :
La réédition Mobile Fidelity Sound Lab (MFSL) des années 1990 est souvent citée comme la référence audiophile. Le mastering demi-vitesse restitue les basses de « Chameleon » avec une précision remarquable. Elle se trouve entre 60 et 100 € en bon état.
Le pressage Columbia Legacy de 2014 (180 g) est plus accessible, autour de 25–35 €. Le son est honnête, la pochette fidèle. Pas de frisson de collectionneur, mais une vraie satisfaction d’écoute.
Quel profil pour quel achat ?
Si vous êtes audiophile avant tout, la MFSL reste la cible la plus rationnelle. Si vous êtes collectionneur, visez un original KC 32731 en VG+ avec la matrice 1A — c’est la combinaison qui offre le meilleur rapport authenticité/prix. Et si vous découvrez simplement Head Hunters pour la première fois, le Legacy 180 g fera parfaitement l’affaire.
Dans tous les cas, commencez par consulter les offres actuelles : les vendeurs référencés sur CDandLP proposent régulièrement des exemplaires dans tous les états, avec photos et descriptions détaillées.



