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Pink Floyd — The Dark Side of the Moon : anatomie d’un pressage culte

Claire Fontaine
la rédaction

Pink Floyd — The Dark Side of the Moon : anatomie d’un pressage culte

Il y a des disques qu’on écoute, et des disques qu’on traque. The Dark Side of the Moon appartient aux deux catégories à la fois. Je me souviens d’avoir tenu pour la première fois un original UK Harvest entre les mains chez un disquaire de la rue de Rivoli — la pochette légèrement jaunie, le prisme intact, et cette sensation que le vinyle lui-même avait quelque chose à dire avant même de poser l’aiguille. Cinquante ans plus tard, le marché ne s’est pas calmé.

Avec 31 875 exemplaires recensés sur Discogs et plus de 20 000 personnes qui le cherchent activement, c’est l’un des ratios want/have les plus serrés pour un album de cette notoriété. Ça dit tout.

Le pressage original UK : ce qu’il faut savoir

Le premier pressage britannique sort en mars 1973 sur Harvest Records, référence SHVL 804. C’est lui que les collectionneurs sérieux visent en priorité. Il se reconnaît à son label Harvest de couleur verte foncée, avec le logo « apple green » caractéristique de l’époque.

La matrice est l’élément central pour l’authentifier. Sur les copies les plus précoces, on trouve dans le runout gravé à la main : A-2 / B-2 (ou A-1/B-1 pour les toutes premières), accompagné de la mention manuscrite « Porky » ou « Pecko Duck » — les surnoms du cutteur George Peckham, qui signait ses lacquers de cette façon.

La pochette d’origine est imprimée par E.J. Day, avec un intérieur gatefold contenant les deux posters et les deux feuilles de stickers. Un exemplaire complet avec tous ses inserts change radicalement la valeur.

Cote actuelle : ce que le marché dit vraiment

En 2024, les prix sur le marché secondaire sont les suivants pour un original UK :

  • VG (correct, quelques marques d’écoute) : entre 60 et 120 €
  • VG+ (très bon état général) : entre 150 et 300 €
  • NM ou M- (quasi neuf, inserts présents) : 400 à 700 €, parfois au-delà pour une matrice A-1/B-1 avec tous les inserts

Les pressages US Capitol/Harvest de 1973 sont plus accessibles (50–150 € en VG+) mais moins recherchés par les puristes. La tendance générale est à la hausse lente mais régulière depuis cinq ans — ce n’est pas un disque qui se déprécie.

Pour comparer les offres disponibles en ce moment, le listing sur CDandLP donne une bonne photographie du marché francophone.

Trois indices pour ne pas se faire avoir

1. Le runout gravé à la main. Sur un vrai premier pressage UK, les inscriptions matricielles sont manuscrites, pas estampées mécaniquement. La présence de « Porky » ou « Pecko » est un signal fort — mais attention aux faux, ce détail est connu.

2. Le label Harvest vert foncé. Les premières éditions ont un label avec un texte en noir sur fond vert bouteille. Les rééditions ultérieures ont évolué vers un vert plus clair, puis d’autres variantes. Comparez avec les photos de référence sur Discogs avant tout achat.

3. La pochette et ses inserts. La présence des deux posters (pyramide/spectre et groupe en concert) et des deux planches de stickers est déterminante. Une pochette seule, même en bel état, ne vaut pas une copie complète. Vérifiez aussi la qualité d’impression du prisme — les rééditions bon marché ont souvent un rendu plus terne.

Rééditions modernes qui tiennent la route

Si le budget ne suit pas, deux options méritent l’attention. La réédition 50e anniversaire de 2023 (Parlophone, half-speed master par Miles Showell à Abbey Road) est sérieuse : pressage 180g, découpe soignée, et un rendu audiophile qui satisfait pleinement. Elle tourne autour de 35–45 € neuve.

L’édition Experience Edition de 2011 (coffret avec CD et vinyle remastered) reste aussi une valeur sûre pour les nouveaux collectionneurs qui veulent entrer dans le disque sans se ruiner.

À qui s’adresse quel exemplaire ?

Pour un audiophile qui veut la meilleure expérience sonore sans casser sa tirelire, le half-speed master 2023 est honnêtement difficile à battre. Pour un collectionneur qui construit une discothèque de référence, seul l’original UK avec matrice précoce et inserts complets a du sens — et il faut le budget. Pour le nostalgique qui veut juste retrouver le disque de ses parents, un pressage européen des années 70–80 en VG+ fera très bien l’affaire pour une fraction du prix.

Dans tous les cas, commencez par surveiller les exemplaires disponibles sur CDandLP — les vendeurs y précisent généralement l’état et le pressage, ce qui évite bien des mauvaises surprises.

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